Petit matin vs Les choses inutiles

Le journaliste et animateur Joël Le Bigot a évoqué la disparition de Sylvain Lelièvre à son émission Samedi et rien d’autre, le 4 mai dernier. Le Bigot rappelait à son auditoire de Radio-Canada qu’il était encore triste de la disparition de l’auteur-compositeur, même 17 ans après son décès : le 30 avril 2002. Aussi, afin de souligner cet anniversaire, l’animateur a proposé à son équipe et ses auditeurs le premier grand succès radio de Lelièvre, Petit matin.

Faut-il le souligner, depuis plus de 15 ans, l’indicatif musical à l’ouverture de l’émission Samedi et rien d’autre n’est nulle autre que la version instrumentale de Les choses inutiles de Sylvain Lelièvre. La pièce figure sur le dernier album studio du poète, lancé à l’automne 1998. Dans ses anecdotes de création, Lelièvre relatait le petit côté Trenet surréaliste voire anarchiste du couplet suivant :

Je rêve d’un monde indocile
Où les crocodiles
Et les orchidées
Auraient chaque année bissextile
Le droit d’être une île
Ou même député
La vie n’en s’rait pas plus facile
L’argent moins servile
Mais on peut rêver
Et tant pis si j’passe pour un fossile
J’aime les choses inutiles
Qui donnent à chanter

27 personnalités qui devraient réssuciter

© Laurence Labat

Sylvain Lelièvre figure parmi les 27 personnalités québécoises décédées dont la résurrection est souhaitée dans le Journal de Montréal, en ce week-end pascal. L’auteur-compositeur-interprète, récipiendaire de 4 Félix, est entouré de figures emblématiques du Québec moderne, tels que Gilles Villeneuve, Anne Hébert, Jean Béliveau, Robert Gravel, Gerry Boulet, René Lévesque, Gabrielle Roy, Rita Lafontaine, Pauline Julien et La Bolduc, pour ne nommer que celles-ci.

Disparu à l’âge de 59 ans, Sylvain Lelièvre est décédé subitement au retour d’un atelier d’écriture passé aux Îles-de-la-Madeleine. L’escale à l’aéroport international Jean-Lesage s’est avéré son dernier arrêt. Après quelques tentatives pour le réanimer, l’hôtesse d’Air Canada Jazz a communiqué avec le CHUL de Québec pour obtenir une ambulance d’urgence. À son arrivée à l’hôpital universitaire, Sylvain Lelièvre a été ausculté par l’urgentologue en poste, le dimanche 28 avril 2002. Ce dernier a rapidement observé une grave anomalie neurologique vasculaire. Aussi, a-t-il fait transférer monsieur Lelièvre en oxygénothérapie à l’Hôtel-Dieu de Lévis pour un traitement en chambre hyperbare. Victime d’un accident barotraumatique, qui lui a occasionné une embolie cérébrale gazeuse sévère suite à la décompression de l’avion en vol, Sylvain Lelièvre n’a pas repris conscience entre son admission à Lévis et son décès, deux jours plus tard, entouré des siens, le mardi 30 avril 2002.