Limoilou le quartier libre de Lelièvre

Le samedi 3 août prochain, la Promenade des écrivains parcourt les ruelles de Limoilou : « jardin d’enfance » de Sylvain Lelièvre. Ce dernier qui a dépeint le quartier dans quelques-unes de ses chansons est au cœur du parcours Limoilou, quartier libre. L’animatrice et écrivaine, Marie-Ève Sévigny, instigatrice du trajet, propose de plonger dans l’œuvre de Sylvain Lelièvre en guidant les participants à travers les «ruelles mixtes et libertaires» de Limoilou. Au passage, elle lit des extraits de l’unique roman du poète, Le troisième orchestre, dont l’action se déroule dans le Québec précédant la révolution tranquille ainsi que dans Limoilou. À la fin du parcours, en guise de cadeau, Michel Rivard a contribué à la magie de cette marche sur Sylvain Lelièvre en composant un poème en hommage à son ami disparu en avril 2002. Marie-Ève Sévigny récite le texte devant la maison d’enfance de Sylvain, au 245, 8e Rue. Moment fort de la promenade.



Départ : samedi 3 août 10h30 | Station de radio CKRL, 405, 3e avenue, Québec, G1L 2W2

Arrivée : Coin de la 8e rue et de la 3e avenue, Québec


Pour information et réservation : 418 641-6797, poste 3

Le barde de Limoilou

Limoilou, 25 juillet 2015

Dans une chronique fort touchante, le journaliste du Journal de Montréal, Claude Villeneuve, décrit Sylvain Lelièvre comme le barde de Limoilou. Hommage personnel à l’auteur de La basse ville, dont il reprend le vers pour dépeindre son coin de quartier : «Moi je suis d’une ruelle comme on est d’un village». Dans son chaleureux texte intitulé Mon village en ville, Claude Villeneuve invite à découvrir sous sa plume intimiste tout le cachet que regorgent les ruelles de Limoilou, dont il est un résident paisible et heureux. À travers son récit se tissent les mêmes images que celles racontées par Lelièvre dans ses chansons sur Québec, dans sa Basse-Ville natale.

Aux dires de Claude Villeneuve, Limoilou a son «poète national» en Sylvain Lelièvre.


La basse ville (1975)

Moi je suis d’une ruelle
Comme on est d’un village
Entre les hangars de tôle
Pis les sacs à poubelle
Entre la Huit pis la Neuf
Entre la Deux pis la Trois
Entre l’école pis l’église
Ma p’tite enfance est là

REFRAIN:

Quand on est d’la basse ville
On n’est pas d’la haute ville
Y en a qui s’en souviennent
D’autres qui s’en souviennent pas
Moi c’est par là qu’mes rêves
Se font des téléphones
Les jours qu’le mien sonne plus
Que j’attends plus personne (…)

Sylvain Lelièvre à l’Hôtel Château Laurier

Dans le but de fêter les 10 ans de francoresponsabilité de l’établissement, l’Hôtel Château Laurier de Québec crée un espace spécifique à cinq grands auteurs-compositeurs québécois. Les artistes, où figure Sylvain Lelièvre, sont illustrés en tableaux dans le hall de l’Hôtel. Le poète de Limoilou côtoie ainsi Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Pauline Julien et Claude Léveillée. Les cinq toiles sont la création du peintre des Îles-de-la-Madeleine, Louis Boudreault. Ce dernier a peint les cinq grandes personnalités québécoises de la francophonie à l’image de leur jeune âge adulte. Il montre à sa manière combien les cinq artiste ont laissé leur empreinte dans le paysage culturel du Québec.

Le prix Rapsat-Lelièvre décerné
à Les Louanges

La ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Langue française, Mme Nathalie Roy, la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Mme Nadine Girault, et le délégué général de Wallonie-Bruxelles à Québec, M. Benoît Rutten, ont décerné le prix Rapsat-Lelièvre à l’auteur-compositeur-interprète Vincent Roberge, alias Les Louanges.

Coup de cœur des spécialistes belges du domaine de la musique ayant participé au jury, le multi-instrumentiste, finaliste des Francouvertes 2017 et de Granby 2015, charme par son timbre de voix singulier et s’amène avec un premier album aux sonorités pop, jazz, R&B, hip-hop et électro. Cette musicalité différente, teintée aussi de funk, ainsi que son univers unique ont charmé le jury international. Ce dernier a souligné la qualité et la singularité des textes et de l’album, qui a d’ailleurs été très bien reçu au Québec. Les membres du jury ont aussi noté le potentiel de rayonnement de son album en Belgique francophone.

Les Louanges se verra remettre une bourse de 5 000 $ de la part de Wallonie-Bruxelles International. De plus, sa maison de production Bonsound bénéficiera d’un soutien financier de 10 000 $ du ministère de la Culture et des Communications pour soutenir le rayonnement de l’artiste et la mise en marché de son disque en Fédération Wallonie-Bruxelles. Pour sa part, le ministère des Relations internationales et de la Francophonie soutiendra la promotion de l’artiste en Wallonie-Bruxelles grâce à une aide financière s’élevant à 8 000 $. Le prix Rapsat-Lelièvre lui sera remis officiellement à l’occasion des Francofolies de Spa, en Wallonie, le 21 juillet prochain. Entretemps, Vincent Roberge est à l’affiche des Francofolies de Montréal le 18 juin prochain, au Club Soda.

Petit matin vs Les choses inutiles

Le journaliste et animateur Joël Le Bigot a évoqué la disparition de Sylvain Lelièvre à son émission Samedi et rien d’autre, le 4 mai dernier. Le Bigot rappelait à son auditoire de Radio-Canada qu’il était encore triste de la disparition de l’auteur-compositeur, même 17 ans après son décès : le 30 avril 2002. Aussi, afin de souligner cet anniversaire, l’animateur a proposé à son équipe et ses auditeurs le premier grand succès radio de Lelièvre, Petit matin.

Faut-il le souligner, depuis plus de 15 ans, l’indicatif musical à l’ouverture de l’émission Samedi et rien d’autre n’est nulle autre que la version instrumentale de Les choses inutiles de Sylvain Lelièvre. La pièce figure sur le dernier album studio du poète, lancé à l’automne 1998. Dans ses anecdotes de création, Lelièvre relatait le petit côté Trenet surréaliste voire anarchiste du couplet suivant :

Je rêve d’un monde indocile
Où les crocodiles
Et les orchidées
Auraient chaque année bissextile
Le droit d’être une île
Ou même député
La vie n’en s’rait pas plus facile
L’argent moins servile
Mais on peut rêver
Et tant pis si j’passe pour un fossile
J’aime les choses inutiles
Qui donnent à chanter