Petit matin vs Les choses inutiles

Le journaliste et animateur Joël Le Bigot a évoqué la disparition de Sylvain Lelièvre à son émission Samedi et rien d’autre, le 4 mai dernier. Le Bigot rappelait à son auditoire de Radio-Canada qu’il était encore triste de la disparition de l’auteur-compositeur, même 17 ans après son décès : le 30 avril 2002. Aussi, afin de souligner cet anniversaire, l’animateur a proposé à son équipe et ses auditeurs le premier grand succès radio de Lelièvre, Petit matin.

Faut-il le souligner, depuis plus de 15 ans, l’indicatif musical à l’ouverture de l’émission Samedi et rien d’autre n’est nulle autre que la version instrumentale de Les choses inutiles de Sylvain Lelièvre. La pièce figure sur le dernier album studio du poète, lancé à l’automne 1998. Dans ses anecdotes de création, Lelièvre relatait le petit côté Trenet surréaliste voire anarchiste du couplet suivant :

Je rêve d’un monde indocile
Où les crocodiles
Et les orchidées
Auraient chaque année bissextile
Le droit d’être une île
Ou même député
La vie n’en s’rait pas plus facile
L’argent moins servile
Mais on peut rêver
Et tant pis si j’passe pour un fossile
J’aime les choses inutiles
Qui donnent à chanter

Lelièvre une influence pour Bruno Pelletier

Bruno Pelletier

Parmi les projets à venir pour Bruno Pelletier figure un spectacle sur les grands auteurs qui l’ont inspiré. Intitulé Sous influence, ce futur spectacle réunira les chansons d’artistes qui ont influencé sa carrière, dont Sylvain Lelièvre, Diane Dufresne, Jean-Pierre Ferland, Boule Noire et Michel Pagliaro, pour ne nommer que ceux-là. Le spectacle sera assurément une sorte de happening puisqu’il mettra en scène 21 musiciens de l’Orchestre symphonique de Longueuil. Les chansons seront au préalable réorchestrées par Julie Lamontagne, pianiste et accompagnatrice de Bruno Pelletier dans ses récitals.

Au printemps 2018, l’interprète du Temps des cathédrales a enregistré devant public un album numérique intitulé : Soirée intime au Théâtre Petit Champlain. En compagnie de sa complice au piano, Julie Lamontagne, Bruno Pelletier a interprété avec grâce et sobriété un des plus grands classiques de Sylvain Lelièvre, Venir au monde. Selon une critique du spectacle, il s’agit d’un des moments forts de sa performance, lui qui chante également des pièces de Piaf, Brel, Groban et Puccini. Natif de Charlesbourg, Bruno Pelletier avait déjà interprété Venir au monde au public de Québec lors du Forum mondial de la langue française en juillet 2012. Accompagné cette fois par l’Orchestre symphonique de Québec, il avait livré une interprétation à la hauteur de son talent exceptionnel.

Sylvain Lelièvre et l’air du temps

De gauche à droite : Louis Caron et les retraités du Collège de Maisonneuve

Dans le cadre des Activités pour retraités et préretraités du Collège de Maisonneuve, Louis Caron a animé la conférence intitulée : Sylvain Lelièvre et l’air du temps, en deçà et au-delàSpécificité, actualité et pertinence de son œuvre. Du 28 janvier au 27 février 2019, M. Caron – ancien professeur du Collège et ancien confrère de Lelièvre – a présenté l’œuvre en chansons de l’auteur-compositeur-interprète, originaire de Québec. À travers le portrait qu’il brosse du père de Marie-Hélène, Louis Caron évoque l’important héritage musical de ce dernier, tant au Québec que dans l’ensemble de la francophonie. Il revient sur l’œuvre foisonnante de l’artiste créée depuis le milieu des années 1960 jusqu’à son décès inattendu en avril 2002. Dans l’air du temps qui est le nôtre, M. Caron est d’avis qu’il nous appartient maintenant de découvrir ou redécouvrir les chansons et, à travers leur approfondissement, le chanteur et l‘homme libres qui nous touche tant.


Professeur retraité de science politique, Louis Caron a également tenu une conférence intitulée Sylvain Lelièvre, l’Homme et l’œuvre au même Collège de Maisonneuve, en novembre 2008. Appuyé de documents audio, M. Caron a retracé les grandes étapes de la carrière du poète de Limoilou à travers ses chansons et surtout les thèmes qui lui étaient chers.

Fleurs de grésil pour Noël

Le quatuor manouche de Christine Tassan et les Imposteures propose en ce temps de Fêtes 2018 une version personnelle des chansons traditionnelles de Noël. Parmi les 11 titres de l’album Django Belles figure un des classiques de Sylvain Lelièvre : Fleurs de grésil. Clin d’œil assumé et arrangé à la Django Reinhardt, la pièce de Lelièvre a été composée en 1978 sur un album incluant Lettre de Toronto et Le chanteur indigène. Quant aux autres titres, les quatre musiciennes interprètent avec un plaisir contagieux quelques classiques du répertoire québécois, dont Mon pays, Marie-Noël et Tout l’monde a la grippe de La Bolduc. De beaux airs rythmés aux sonorités manouches pour réchauffer des plus endurcis des festivités de Noël.

Monsieur Vigneault regrette Sylvain

Alors qu’il fête ses 90 ans et fait paraître un nouvel album, Ma jeunesse, Gilles Vigneault se rappelle ses amis disparus. Interviewé par Ève-Marie Lortie, à l’antenne de Salut Bonjour week-end, le poète de Natashquan regrette le départ de ses compagnons de musique et de chansons, notamment Gaston Rochon, Bruno Fecteau (tous deux pianistes) et «tant d’autres Sylvain Lelièvre». Dès le début de la carrière de Sylvain Lelièvre, Gilles Vigneault a non seulement publié les recueils de poèmes de ce dernier, mais il aussi produit ses premiers albums, sous étiquette Le Nordet. Les deux ont écrit ensemble quelques chansons. En juillet 2017, à l’occasion des 40 ans du Festival d’été de Québec, Monsieur Vigneault avait eu ces mots pour son ami Sylvain : «J’ai beaucoup regretté qu’il n’ait pas eu l’occasion d’écrire ce qu’il aurait pu écrire si la vie le lui avait permis» (Le Soleil).

Article du Soleil