Hommages radiophoniques

© Jean-Guy Thibodeau

À l’occasion du 20e anniversaire de la disparition de Sylvain Lelièvre, décédé le 30 avril 2002, la radio de Radio-Canada a rappelé le souvenir de l’auteur-compositeur, poète et romancier. À l’émission Plus on est de fous, plus on lit, l’animatrice Marie-Louise Arsenault a invité un musicologue de l’UQAM, spécialiste de l’œuvre du poète de Limoilou dans un segment intitulé : «On discute de Sylvain Lelièvre avec Danick Trottier.»

Le vendredi 29 avril c’était au tour de Stanley Péan, grand amateur du répertoire Lelièvre, à lui rendre hommage à son émission Quand le jazz est là. La première demi-heure a été consacrée aux interprètes qui ont repris les chansons ou les musiques de Sylvain Lelièvre à leur manière : Carole Therrien avec Le Fleuve et Annie Poulain avec Le croque-mort à coulisse, Petit matin façon Emilie-Claire Barlow et Venir au monde au son du timbre de Marie-Noële Claveau. En dernière heure, M. Péan a offert à ses auditeurs les bijoux de Versant jazz où Sylvain Lelièvre lui-même joue et chante les pièces Solitude, Le joueur de piano, Abraham et papa, Drummondville, Quand le saxo, Tombouctou, Le blues du courrier et finalement ‘Round Midnight.

L’indicatif musical de Samedi et rien d’autre étant, débutant depuis 22 ans, Les choses inutiles, il était tout naturel de la part de Joël Le Bigot de parler de Sylvain Lelièvre. Aussi, ce samedi 30 avril, a-t-il rejoué une entrevue du début des années 2000 où l’invité Lelièvre a entonné pour le plaisir de M. Le Bigot les Marie-Hélène, Old Orchard, Programme double, Le blues du courrier, Le croque-mort à coulisse (chanson hommage à Georges Brassens) et Petit matin.

L’ami Sylvain, comme le surnomme depuis toujours Monique Giroux a aussi été de passage en chanson à l’émission Chants libres, le dimanche 1er mai dernier. Monique Giroux qui n’a eu de cesse de faire revivre les chansons de Sylvain Lelièvre depuis 2002 a insisté sur la façon unique de l’auteur-compositeur de parler du métier avec les pièces : Qui saura jamais, Toi l’ami, Le plus beau métier et Lettre de Toronto. Elle en a profité pour faire découvrir la version d’Étienne Coppée de Je voudrais voir New York, composition de Daniel Lavoie et Sylvain Lelièvre. En conclusion, celle-ci a évoqué sa fierté d’avoir imaginé l’album Salut Sylvain! paru en 2016 avec les chansons Venir au monde, Petit matin et Marie-Hélène, interprétées tour à tour par Catherine Major, Ariane Moffatt et Les sœurs Boulay.

Souvenirs du 30 avril

La date commémorative du décès de Sylvain Lelièvre a été souligné à ICI Musique et ICI première en avril dernier. Emporté par un accident barotraumatique à bord d’un avion, le poète originaire de Québec a fait l’objet de quelques hommages depuis sa disparition le 30 avril 2002. À son émission Quand le jazz est là, Stanley Péan a fait entendre neuf pièces du répertoire de Lelièvre à ses auditeurs, quelques-unes exécutées par lui-même, les autres par des artistes établis en jazz comme Emilie-Claire Barlow (Petit matin), Christine Tessan (Fleurs de grésil) et Robert Angelillo (Marie-Hélène, instrumentale). Le temps d’une chanson avec Catherine Pépin a conclu deux heures de musique française avec des classiques de Sylvain Lelièvre dont Toi l’ami, Old Orchard et Petit matin. Pour sa part, Joël Le Bigot, a déniché dans les archives de Radio-Canada, un entretien entre Lelièvre et Monique Giroux sur la composition de la chanson Les choses inutiles. La version instrumentale de cette pièce sert d’ailleurs d’indicatif musical à l’émission hebdomadaire de M. Le Bigot, Samedi et rien d’autre.

Petit matin vs Les choses inutiles

Le journaliste et animateur Joël Le Bigot a évoqué la disparition de Sylvain Lelièvre à son émission Samedi et rien d’autre, le 4 mai dernier. Le Bigot rappelait à son auditoire de Radio-Canada qu’il était encore triste de la disparition de l’auteur-compositeur, même 17 ans après son décès : le 30 avril 2002. Aussi, afin de souligner cet anniversaire, l’animateur a proposé à son équipe et ses auditeurs le premier grand succès radio de Lelièvre, Petit matin.

Faut-il le souligner, depuis plus de 15 ans, l’indicatif musical à l’ouverture de l’émission Samedi et rien d’autre n’est nulle autre que la version instrumentale de Les choses inutiles de Sylvain Lelièvre. La pièce figure sur le dernier album studio du poète, lancé à l’automne 1998. Dans ses anecdotes de création, Lelièvre relatait le petit côté Trenet surréaliste voire anarchiste du couplet suivant :

Je rêve d’un monde indocile
Où les crocodiles
Et les orchidées
Auraient chaque année bissextile
Le droit d’être une île
Ou même député
La vie n’en s’rait pas plus facile
L’argent moins servile
Mais on peut rêver
Et tant pis si j’passe pour un fossile
J’aime les choses inutiles
Qui donnent à chanter