Ma planche à destin

18 janvier 2026 ⸱ Éric Lelièvre

Sylvain parlait rarement de la manière dont naissaient ses chansons. Ici, il évoque la longue maturation de Je flâne en chemin: le temps, les mots, la gravité recherchée, et cette nécessité de sortir l’auditeur de la simple quotidienneté. Un témoignage précieux sur l’acte de créer, tel qu’il le concevait.

«Ma planche à destin, c’est un des rares calembours que je me suis permis. Mais je l’ai gardé, parce que j’ai fait deux ans d’architecture qui ont été mes deux plus belles années d’études. Et j’aimais bien cette «planche à dessins». Mon problème dans cette chanson-là, et c’est un problème qui a duré cinq ans, c’était pas pour la musique, c’était pour les paroles. Comment est-ce qu’on va cimenter ça? Est-ce que ce sera une chanson sans refrain? c’est possible… Il me semblait impossible qu’il n’y ait pas de refrain. Plus ça allait, plus je voyais que le refrain, lui, en contrepoids, devait contenir une certaine gravité. Et les six vers du refrain sont sans doute parmi les plus lourds ou les plus philosophiques que j’ai écrits: On sait pas où on s’en va ni d’où on vient / Sous la toile des étoiles on est rien. C’est peu de choses. Bien sûr, il fallait que l musique accompagne tout ça. J’ai eu une drôle de résolution harmonique… Là, je suis monté d’un demi-ton, je suis monté en mi-bémol. C’est un accord un petit peu spécial, un petit peu spacy, comme disaient mes copains dans le studio, qui fait voir aussi les étoiles. Il fallait aussi sortir l’auditeur de cette quotidienneté.

Extrait de l’émission Moi mes chansons, Radio-Canada, 8 mai 2000 (Mario Proulx)

Redécouvrir Je flâne en chemin en vidéoclip

Article ajouté au panier
0 Produit - 0,00$